Paul FévalPaul-Henri-Corentin Féval est né à Rennes en 1816 d'un père royaliste et chrétien, deux qualificatifs qui caractériseront également le futur homme, mais pas nécessairement l'écrivain (qui ne rectifiera ses romans qu'après son retour tardif au catholicisme). Sa fratrie compte cinq têtes, cela aussi il perpétuera : sa femme, fille de son médecin traitant, mettra au monde huit enfants, dont l'aîné Paul Féval fils, qui continuera son œuvre littéraire.

D'abord orienté dans le droit, Féval devient avocat et produit une carrière éclair, déçu par une plaidoirie malheureuse. C'est ainsi que dès 1837, il émigre pour la capitale où il exerce en tant que commis pour son oncle banquier. La banque n'est pas plus son domaine que les cours de justice ; il exerce des petits métiers qui rapportent peu, parfois presque en rapport avec la plume, alors que ses premiers écrits sont refusés par les éditeurs. Il finit toutefois, sur recommandation, par se faire publier dans La Revue de Paris. Puis le succès est acquis avec son fameux roman-feuilleton Les Mystères de Londres, publié sous le pseudonyme très anglais Francis Trolopp.

Sa carrière d'écrivain est incroyablement fournie. Avec Balzac et Dumas, c'est un des auteurs prolifiques du XIXe siècle français. Si l'on prend en compte le fait que Dumas n'écrit pas seul, c'est peut-être l'auteur qui a aligné le plus de mots en ce siècle. 72 romans en 109 volumes, 18 pièces de théâtre, 69 nouvelles, 8 volumes d'études historiques, 4 volumes autobiographiques, nombreuses brochures édifiantes. La quasi-totalité des genres romanesques est passée sous sa plume, du cape et d'épée au fantastique, avec pas moins de trois romans vampiriques. C'est le roman noir de Walter Scott et d'Ann Radcliffe qui l'influencent dans sa veine fantastique ; Ann Radcliffe elle-même intervient d'ailleurs en tant que protagoniste dans l'une de ses histoires de vampires. Féval a la particularité et le mérite d'avoir écrit trois fois sur les vampires de trois manières différentes (chronologiquement) : modernisation, parodie, pastiche.
  • La Vampire (in : Les Drames de la mort) (1856)
  • Le Chevalier Ténèbre (1860-1861)
  • La Ville-Vampire (1875)

Sources : "Repères biographiques" in Le Bossu, Paul Féval, notice de Claude Aziza, Pocket, 1998
Notice in La Ville-Vampire, Paul Féval, Ombres, "Petite Bibliothèque des Ombres" n°139, Toulouse, 2000
Les Maîtres du fantastique en littérature, François Raymond et Daniel Compère, Bordas, "Les Compacts", 1993

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